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Les gaz de couche dans notre région

Dans notre région 150  forages sont envisagés pour exploiter le gaz de couche.

Différent du gaz de mine ( méthane qui s’échappe naturellement des galeries des anciennes mines de charbon), le gaz de couche est le méthane emprisonné dans les couches profondes de charbon (1000 à 2000 m). A quelques exceptions près, partout dans le monde où ce gaz est exploité (États-Unis, Australie, Chine), la très controversée technique de la fracturation hydraulique est utilisée.

Plus d’informations sur le site de Houille, ouille, ouille 59-62

Une quarantaine d’associations ont envoyé un courrier au nouveau ministre de la transition énergétique: Nicolas Hulot.

 

Lettre ouverte à Nicolas Hulot, à propos du projet « gaz de couche », dans les bassins miniers du Nord de la France et de la Lorraine.

Monsieur le Ministre, en Décembre 2015 au moment de la COP 21, vous déclariez : « …la cohérence est que l’humanité doit renoncer volontairement à 70-80 % des énergies fossiles déjà connues qu’elle a sous les pieds » ; suite à la décision de M. Trump de se désengager des accords sur le climat, vous expliquiez sur Europe 1 : « On est sur le fil du rasoir, les choses se déterminent maintenant ».

Nous partageons évidemment ces constats. Il faut donc que la France soit exemplaire et n’autorise pas, sur son propre sol, la recherche de nouvelles énergies fossiles, surtout lorsqu’elles sont extrêmement polluantes. Puisqu’il faut en sortir, commençons dès aujourd’hui à trouver d’autres solutions ; plus nous tarderons, plus nous cumulerons de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui amplifient les dérèglements climatiques.

Alors, pourquoi continuer à renouveler ou à prolonger des permis de recherche d’hydrocarbures comme ce fut encore le cas ces derniers mois (Permis du Valenciennois, Permis Attila (Meuse), Permis de Claracq…) ?

L’entreprise « la Française de l’énergie, (LFDE) », cotée en bourse depuis juin 2016, entend exploiter le gaz de couche. Le gaz de couche est le méthane emprisonné dans les couches profondes de charbon, il n’a pas vocation à alimenter l’effet de serre…
En Lorraine plusieurs forages ont été réalisés pour l’exploration, et 15 autres sont déjà prévus, pourquoi les autoriser ?
Notons que pour l’instant, le seul forage qui a permis une certification de ressource est celui de Folschviller qui a subi une fracturation hydraulique en 2008, au dire d’une salariée de l’entreprise dans la presse à l’époque (La Semaine numérique, 1 er août 2008). La technique innovante mise en place depuis l’interdiction de la fracturation hydraulique par la loi -forage horizontaux multiples et stimulation du massif rocheux, avec moult produits chimiques (source : DREAL)- n’a pas permis de nouvelle certification de ressource sur le forage de Tritteling.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, LFDE a racheté Gazonor (issue de Charbonnages de France), ce qui lui permet de tirer profit du gaz de mine, exploité depuis 1992. Bien sûr, il faut exploiter ce gaz (rien à voir avec le gaz de couche car son extraction ne nécessite pas de forage), qui s’accumule dans les galeries de mine. Mais produire de l’électricité avec un rendement de 37 % nous apparaît comme un gaspillage de la ressource. Cette production d’électricité permet par ailleurs à cette entreprise d’avoir un tarif de rachat garanti, ce qui s’apparente à une subvention aux énergies fossiles, que vous avez, avec raison, décrié.
De plus, le gaz de mine est une ressource qui se renouvelle très lentement et LFDE prévoit d’ores et déjà des forages pour extraire du gaz de couche dans ce bassin minier (2 DAOTM pour l’instant mais beaucoup d’autres sont prévus).

L’opposition citoyenne à ces projets d’exploitation du gaz de couche se lève, contrairement à ce qu’affirme l’entreprise dans la communication à ses actionnaires : des marches sont organisées chaque mois en Lorraine et les réunions d’informations et actions se multiplient dans le Nord de la France. Les opposants craignent, d’une part une pollution des nappes aquifères (considérée comme un risque par l’entreprise : p46 du document de base qui a accompagné l’introduction en bourse), par le méthane ou par les produits chimiques utilisés ; d’autre part les mouvements de terrains dans ces sous-sols déjà déstructurés par l’exploitation du charbon. L’impact sur la faune est important, les plateformes de forage se situant au milieu des champs aux abords d’espaces boisés.
En Australie, où le gaz de couche est exploité, un député a récemment enflammé une rivière pour dénoncer la fracturation hydraulique utilisée et la pollution de l’eau par le méthane qui s’ensuit.

Et lorsque l’exploitation ne sera plus rentable, les puits fuiront comme c’est presque toujours le cas partout ailleurs où ce gaz est exploité : le gaz ira alors contribuer à l’effet de serre.

Tous ces dégâts potentiels pour une année de consommation française (5 % par an sur 20 ans, estimé par l’entreprise) !

Les collectifs s’inquiètent aussi de la possible signature des accords de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne (CETA) qui nous conduirait immanquablement à l’exploitation des gaz de schiste et de couche, aux hydrocarbures de sables bitumineux et à leur importation sur le sol français. Nous ne comprenons pas non plus le développement des ports méthaniers comme Montoir ou Dunkerque (où arrivera bientôt du gaz de schiste américain) et des infrastructures liées au transport d’hydrocarbures (projet Eridan, notamment), qui engagent des milliards d’euros dont nous aurons bien besoin pour les énergies renouvelables sur nos territoires.

M. le ministre, vous avez soutenu les collectifs d’opposition aux pétrole et gaz de schiste et de couche. En conséquence, nous comptons sur votre soutien, maintenant que vous avez l’opportunité d’agir. Ce n’est pas à une entreprise de décider de la politique énergétique de la France, à vous donc de mettre en œuvre votre souci de respecter les accords de Paris sur le climat. L’heure n’est plus à l’investissement dans les projets d’infrastructure liées à l’extraction ou au transport d’hydrocarbures ni aux subventions aux énergies fossiles.

UN APPEL POUR UNE PLANÈTE VIVABLE.

Ceci n’est pas un tract vous invitant à voter pour un candidat particulier.

La planète se réchauffe et ce réchauffement est dû à l’activité humaine avec le rejet de gaz à effet de serre issus de l’utilisation des énergies fossiles. Les travaux scientifiques le démontrent.

Chaque jour, on en voit les conséquences. Elles pourraient devenir rapidement catastrophiques et mettre en cause notre présence sur terre.

La première mesure est de laisser dans le sous sol la plupart des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) responsables des gaz à effet de serre.

La seconde est de sortir du nucléaire qui peut nous mener à la catastrophe.

Il nous reste peu de temps pour le faire.

Jamais l’humanité n’a eu un tel problème à résoudre. Mais des solutions concrètes existent.

Rien n’est perdu. Mais des décisions politiques sont à prendre.

C’est possible si nous en faisons résolument le choix.

C’est indispensable si nous voulons laisser une terre encore habitable à nos enfants.

Plus nous tarderons, plus ce sera difficile.

Les élections présidentielles et législatives sont une occasion pour imposer une réelle politique économique et énergétique basée sur la sobriété, l’efficacité et le développement des énergies renouvelables.

Face à la menace climatique qui s’annonce, lors de votre prochain vote, nous vous appelons à choisir le candidat qui s’engage résolument dans une politique écologique.

L’action politique est la réponse indispensable au problème qui est devant nous.

Avec lucidité et détermination, votons pour le climat !

Votons pour la planète ! Votons pour la vie !

Sont signataires de cet appel :Alter circuit, Attac-Artois, Eau secours 62, Houille, ouille, ouille 59/62, Nord Nature Arras, Objecteurs de croissance 62,

Faisons le point sur le changement climatique

Dans cet article, nous faisons le point des connaissances scientifiques et des conséquences que va produire le réchauffement de l’atmosphère terrestre. Il a été rédigé à partir des travaux du GIEC (voir définition au bas de cet article).

LES OBSERVATIONS SCIENTIFIQUES

Les températures :

    • La température de la terre a augmenté en moyenne de 0,85° entre 1880 et 2012.

    • Le phénomène s’accélère. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente et que toutes les autres décennies depuis 1850.

Les océans :

Le réchauffement le plus marquant a lieu en surface (75 premiers mètres) : +0,11°C par décennies, entre 1971 et 2010, soit +0,44°C en 40 ans.

Le niveau des océans augmente à cause de la fonte des neiges et des glaciers mais également de l’augmentation du volume dû au réchauffement.

  • Sur la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres soit 1,7 mm par an en moyenne.

  • Le phénomène s’accélère : la hausse était de 3,2 mm/an entre 1993 et 2010. Par rapport au siècle dernier, la hausse est presque deux fois plus rapide depuis 20 ans.

L’acidité des océans a augmenté de 30% en 250 ans, ce qui entraîne des conséquences sur le développement de la faune et de la flore marine.

La cryosphère (surface de la Terre où l’eau est sous forme de glace et de neige):

Son volume est en diminution constante.

Calotte glaciaire (glaciers recouvrant la terre ferme : Groenland et Antarctique).

Son volume diminue et sa fonte s’accélère : 34 Gt (Gigatonne) par an entre 1992 et 2001, 215 Gt depuis 2002 .

Banquise (glaciers recouvrant l’eau : mers, lacs, rivières)

La banquise en Arctique fin septembre diminue d’environ 11% par décennie (entre 1979 et 2012).

Perligosol (sol gelé plus de 2 ans de suite)

Entre les années 1980 et les années 2000, on constate une hausse de 3°C des températures en Alaska, et de 2°C au nord de la Russie.

LES CAUSES

De 1400 et 1950, les variations de températures peuvent être expliquées par les événements naturels (éruptions volcaniques, variations solaires) .

Depuis 1950, ces variations ne sont explicables que si on intègre les activités humaines qui apparaissent aujourd’hui comme le principal facteur du réchauffement constaté.

S’appuyant sur des modèles scientifiques plus précis, le dernier rapport du GIEC a renforcé ses certitudes : il n’a jamais été aussi sûr de la responsabilité des activités humaines.

Le lien entre le réchauffement climatique et l’activité humaine est qualifié « d’extrêmement probable » par le GIEC (+ de 95% de certitude). Dans le rapport de 2001, il était probable, dans celui de 2007, il était très probable.

La modification du cycle de l’eau par les activités humaines (déforestation, agriculture intensive, utilisation industrielle de l’eau …) contribue aussi au réchauffement climatique.

LES IMPACTS OBSERVÉS

Les conséquences du réchauffement climatique concernent tous les domaines  : environnementaux, économiques et sociaux.

Conséquences environnementales.

Le nombre et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes augmentent.

Les systèmes hydrologiques sont modifiés à cause de l’augmentation des précipitations et de la fonte des neiges et des glaciers.

De nombreuses espèces sont en voie de disparition à cause de la modification ou la disparition des écosystèmes.

Les espèces terrestres, d’eau douce et d’eau de mer modifient leurs zones de répartition géographique, leurs déplacements migratoires et leurs activités saisonnières. Les interactions entre les différentes espèces sont également modifiées.

Conséquences économiques.

Le coût global des phénomènes extrêmes a triplé en 40 ans. Il est estimé à 1 200 Mds de dollars par an (soit 1,6% du PIB mondial).

Les rendements de la plupart des cultures diminuent (sauf de rares exceptions). Dans de nombreuses régions, de fortes baisses ont été constatées pour le blé, le maïs et dans une moindre mesure le riz et le soja.

Depuis le rapport de 2007, on a constaté de nombreuses périodes d’augmentation très rapide du prix des produits alimentaires et des céréales, suite à des événements climatiques extrêmes.

Conséquences sociales.

Entre 2008 et 2012, plus de 140 millions de personnes ont été déplacées à la suite d’une catastrophe naturelle. Ce chiffre n’inclut pas les personnes déplacées à la suite de dégradations plus lentes comme la désertification ou la hausse du niveau des mers… Elles échappent à tout comptage et leur nombre est inconnu. On estime qu’il y a au moins autant de personnes déplacées dans le monde suite à la dégradation de l’environnement que de personnes déplacées par des guerres et des violences.

Les conséquences des événements climatiques extrêmes impactent fortement les écosystèmes, la production alimentaire, la disponibilité en eau, l’habitabilité des logements, la santé mentale, le bien être humain et la mortalité. On estime à 400 000 le nombre de morts à cause des conséquences du réchauffement chaque année.

Les changements climatiques creusent les inégalités en s’ajoutant à d’autres facteurs (sociaux, culturels, économiques, ou politiques).

Les variations de prix des denrées alimentaires impactent fortement les populations les plus pauvres.

La répartition géographique de certaines maladies (dengue, chikungunya) se modifie. Selon les régions, on observe une hausse de la mortalité liée à la chaleur (durant les canicules par ex) et une baisse de la mortalité liée au froid.

LES ÉVOLUTIONS ENVISAGÉES.

Une planète plus difficile à vivre.

Le GIEC a travaillé sur différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Les évolutions envisagées dépendent étroitement du niveau d’augmentation de la température qui en résultera. Plus elle sera élevée, plus les phénomènes amplifieront.

Avec les dérèglements en cours et selon les régions du monde, on peut s’attendre à:

  • une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes
  • une régression continue et une disparition des glaciers
  • une extinction accélérée des espèces
  • une menace sur les zones côtières due à la hausse du niveau des mers
  • une menace sur la sécurité alimentaire
  • un accès plus difficile à l’eau
  • une détérioration de l’état de santé des personne en particulier dans les pays à faible revenu
  • des risques accrus sur les personnes, les revenu, les biens, les économies et les écosystèmes
  • une augmentation des déplacements de populations
  • une augmentation des risques de conflits.

Le respect de la limite de 1,5° d’augmentation de la température 

est la seule condition

pour que tous les pays aient une chance de s’adapter au réchauffement.

Pour avoir une chance d’y parvenir,

nous devons laisser à tout jamais dans le sol

80% des stocks d’énergies fossiles

connues à ce jour.

Au rythme d’émission de 2013,

il nous reste 20 ans pour sortir des énergies fossiles.

QUELQUES DÉFINITIONS

CCNUCC: Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique

Dans le cadre de l’ONU, la CCNUCC est la première tentative pour cerner au mieux ce qu’est le changement climatique et comment y remédier.

Elle a été adoptée au Sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992 par 154 États (plus les membres de la Communauté Européenne). Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994. En 2004, elle était ratifiée par 189 pays, en 2015 on recense 195 pays.

COP : Conférence des parties.

Dans le cadre de la CCNUCC et sous l’égide de l’ONU, la COP est la réunion chaque année de tous les états. À chaque COP est accolé son numéro d’ordre. Paris sera donc la 21ème réunion. La 1ère COP s’est tenu en 1995 à Berlin.

Événements climatiques extrêmes :

Il s’agit d’incendies géants, de tempêtes, d’inondations, de vagues de chaleurs, de cyclones d’ouragans, de précipitations très importantes.

GES : gaz à effets de serre.

Certains gaz piègent  la chaleur due au rayonnement infra rouge réémis par la terre : c’est l’effet de serre .

Les principaux gaz à effet de serre sont: la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone.

Leur durée de vie est variable: quelques jours pour la vapeur d’eau , quelques dizaines d’année pour le méthane, un siècle pour le carbone, quelques siècles pour d’autres.

L’effet des gaz sur le réchauffement global diffère : sur une période de 100 ans, un Kg de méthane a un impact 25 fois plus fort qu’un Kg de CO2.

GIEC : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.

Il a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE). C’est un organisme intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l’ONU.

Il a pour mission de fournir aux décideurs politiques des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parades et d’adaptations.

Il regroupe plusieurs milliers d’experts et de scientifiques du monde entier.

Les rapports sont publiés tous les 4 ou 5 ans (1990, 1995, 2001, 2007 et 2014).

Ils synthétisent les travaux publiés par les chercheurs et analysent les tendances et prévisions mondiales en matière de changements climatiques.

OMM : Organisation Météorologique Mondiale

Institution spécialisée des Nations Unies. Son rôle est de participer à l’élaboration des normes qui permettent la standardisation des mesures météorologiques, leur échange international pour la veille et la prévision météorologique, leur archivage pour les études climatiques ainsi qu’une application pertinente de cette information.

PNUE : Programme des Nations Unies pour l’environnement.

La question de l’environnement ayant été élevée au rang de problème international d’importance majeure, elle donne naissance au PNUE. C’est un organisme dépendant de l’ONU créé en 1972. Il a pour but de coordonner les activités des Nations Unies dans le domaine de l’environnement et d’assister les pays dans la mise en œuvre de politiques eynvironnementales.

Pour en savoir plus

Le site du GIEC: https://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml