Archives de catégorie : Transition énergétique

Faisons le point sur le changement climatique

Dans cet article, nous faisons le point des connaissances scientifiques et des conséquences que va produire le réchauffement de l’atmosphère terrestre. Il a été rédigé à partir des travaux du GIEC (voir définition au bas de cet article).

LES OBSERVATIONS SCIENTIFIQUES

Les températures :

    • La température de la terre a augmenté en moyenne de 0,85° entre 1880 et 2012.

    • Le phénomène s’accélère. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que la précédente et que toutes les autres décennies depuis 1850.

Les océans :

Le réchauffement le plus marquant a lieu en surface (75 premiers mètres) : +0,11°C par décennies, entre 1971 et 2010, soit +0,44°C en 40 ans.

Le niveau des océans augmente à cause de la fonte des neiges et des glaciers mais également de l’augmentation du volume dû au réchauffement.

  • Sur la période 1901-2010, le niveau de la mer a augmenté de 19 centimètres soit 1,7 mm par an en moyenne.

  • Le phénomène s’accélère : la hausse était de 3,2 mm/an entre 1993 et 2010. Par rapport au siècle dernier, la hausse est presque deux fois plus rapide depuis 20 ans.

L’acidité des océans a augmenté de 30% en 250 ans, ce qui entraîne des conséquences sur le développement de la faune et de la flore marine.

La cryosphère (surface de la Terre où l’eau est sous forme de glace et de neige):

Son volume est en diminution constante.

Calotte glaciaire (glaciers recouvrant la terre ferme : Groenland et Antarctique).

Son volume diminue et sa fonte s’accélère : 34 Gt (Gigatonne) par an entre 1992 et 2001, 215 Gt depuis 2002 .

Banquise (glaciers recouvrant l’eau : mers, lacs, rivières)

La banquise en Arctique fin septembre diminue d’environ 11% par décennie (entre 1979 et 2012).

Perligosol (sol gelé plus de 2 ans de suite)

Entre les années 1980 et les années 2000, on constate une hausse de 3°C des températures en Alaska, et de 2°C au nord de la Russie.

LES CAUSES

De 1400 et 1950, les variations de températures peuvent être expliquées par les événements naturels (éruptions volcaniques, variations solaires) .

Depuis 1950, ces variations ne sont explicables que si on intègre les activités humaines qui apparaissent aujourd’hui comme le principal facteur du réchauffement constaté.

S’appuyant sur des modèles scientifiques plus précis, le dernier rapport du GIEC a renforcé ses certitudes : il n’a jamais été aussi sûr de la responsabilité des activités humaines.

Le lien entre le réchauffement climatique et l’activité humaine est qualifié « d’extrêmement probable » par le GIEC (+ de 95% de certitude). Dans le rapport de 2001, il était probable, dans celui de 2007, il était très probable.

La modification du cycle de l’eau par les activités humaines (déforestation, agriculture intensive, utilisation industrielle de l’eau …) contribue aussi au réchauffement climatique.

LES IMPACTS OBSERVÉS

Les conséquences du réchauffement climatique concernent tous les domaines  : environnementaux, économiques et sociaux.

Conséquences environnementales.

Le nombre et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes augmentent.

Les systèmes hydrologiques sont modifiés à cause de l’augmentation des précipitations et de la fonte des neiges et des glaciers.

De nombreuses espèces sont en voie de disparition à cause de la modification ou la disparition des écosystèmes.

Les espèces terrestres, d’eau douce et d’eau de mer modifient leurs zones de répartition géographique, leurs déplacements migratoires et leurs activités saisonnières. Les interactions entre les différentes espèces sont également modifiées.

Conséquences économiques.

Le coût global des phénomènes extrêmes a triplé en 40 ans. Il est estimé à 1 200 Mds de dollars par an (soit 1,6% du PIB mondial).

Les rendements de la plupart des cultures diminuent (sauf de rares exceptions). Dans de nombreuses régions, de fortes baisses ont été constatées pour le blé, le maïs et dans une moindre mesure le riz et le soja.

Depuis le rapport de 2007, on a constaté de nombreuses périodes d’augmentation très rapide du prix des produits alimentaires et des céréales, suite à des événements climatiques extrêmes.

Conséquences sociales.

Entre 2008 et 2012, plus de 140 millions de personnes ont été déplacées à la suite d’une catastrophe naturelle. Ce chiffre n’inclut pas les personnes déplacées à la suite de dégradations plus lentes comme la désertification ou la hausse du niveau des mers… Elles échappent à tout comptage et leur nombre est inconnu. On estime qu’il y a au moins autant de personnes déplacées dans le monde suite à la dégradation de l’environnement que de personnes déplacées par des guerres et des violences.

Les conséquences des événements climatiques extrêmes impactent fortement les écosystèmes, la production alimentaire, la disponibilité en eau, l’habitabilité des logements, la santé mentale, le bien être humain et la mortalité. On estime à 400 000 le nombre de morts à cause des conséquences du réchauffement chaque année.

Les changements climatiques creusent les inégalités en s’ajoutant à d’autres facteurs (sociaux, culturels, économiques, ou politiques).

Les variations de prix des denrées alimentaires impactent fortement les populations les plus pauvres.

La répartition géographique de certaines maladies (dengue, chikungunya) se modifie. Selon les régions, on observe une hausse de la mortalité liée à la chaleur (durant les canicules par ex) et une baisse de la mortalité liée au froid.

LES ÉVOLUTIONS ENVISAGÉES.

Une planète plus difficile à vivre.

Le GIEC a travaillé sur différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Les évolutions envisagées dépendent étroitement du niveau d’augmentation de la température qui en résultera. Plus elle sera élevée, plus les phénomènes amplifieront.

Avec les dérèglements en cours et selon les régions du monde, on peut s’attendre à:

  • une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes
  • une régression continue et une disparition des glaciers
  • une extinction accélérée des espèces
  • une menace sur les zones côtières due à la hausse du niveau des mers
  • une menace sur la sécurité alimentaire
  • un accès plus difficile à l’eau
  • une détérioration de l’état de santé des personne en particulier dans les pays à faible revenu
  • des risques accrus sur les personnes, les revenu, les biens, les économies et les écosystèmes
  • une augmentation des déplacements de populations
  • une augmentation des risques de conflits.

Le respect de la limite de 1,5° d’augmentation de la température 

est la seule condition

pour que tous les pays aient une chance de s’adapter au réchauffement.

Pour avoir une chance d’y parvenir,

nous devons laisser à tout jamais dans le sol

80% des stocks d’énergies fossiles

connues à ce jour.

Au rythme d’émission de 2013,

il nous reste 20 ans pour sortir des énergies fossiles.

QUELQUES DÉFINITIONS

CCNUCC: Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique

Dans le cadre de l’ONU, la CCNUCC est la première tentative pour cerner au mieux ce qu’est le changement climatique et comment y remédier.

Elle a été adoptée au Sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992 par 154 États (plus les membres de la Communauté Européenne). Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994. En 2004, elle était ratifiée par 189 pays, en 2015 on recense 195 pays.

COP : Conférence des parties.

Dans le cadre de la CCNUCC et sous l’égide de l’ONU, la COP est la réunion chaque année de tous les états. À chaque COP est accolé son numéro d’ordre. Paris sera donc la 21ème réunion. La 1ère COP s’est tenu en 1995 à Berlin.

Événements climatiques extrêmes :

Il s’agit d’incendies géants, de tempêtes, d’inondations, de vagues de chaleurs, de cyclones d’ouragans, de précipitations très importantes.

GES : gaz à effets de serre.

Certains gaz piègent  la chaleur due au rayonnement infra rouge réémis par la terre : c’est l’effet de serre .

Les principaux gaz à effet de serre sont: la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote, l’ozone.

Leur durée de vie est variable: quelques jours pour la vapeur d’eau , quelques dizaines d’année pour le méthane, un siècle pour le carbone, quelques siècles pour d’autres.

L’effet des gaz sur le réchauffement global diffère : sur une période de 100 ans, un Kg de méthane a un impact 25 fois plus fort qu’un Kg de CO2.

GIEC : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat.

Il a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE). C’est un organisme intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l’ONU.

Il a pour mission de fournir aux décideurs politiques des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parades et d’adaptations.

Il regroupe plusieurs milliers d’experts et de scientifiques du monde entier.

Les rapports sont publiés tous les 4 ou 5 ans (1990, 1995, 2001, 2007 et 2014).

Ils synthétisent les travaux publiés par les chercheurs et analysent les tendances et prévisions mondiales en matière de changements climatiques.

OMM : Organisation Météorologique Mondiale

Institution spécialisée des Nations Unies. Son rôle est de participer à l’élaboration des normes qui permettent la standardisation des mesures météorologiques, leur échange international pour la veille et la prévision météorologique, leur archivage pour les études climatiques ainsi qu’une application pertinente de cette information.

PNUE : Programme des Nations Unies pour l’environnement.

La question de l’environnement ayant été élevée au rang de problème international d’importance majeure, elle donne naissance au PNUE. C’est un organisme dépendant de l’ONU créé en 1972. Il a pour but de coordonner les activités des Nations Unies dans le domaine de l’environnement et d’assister les pays dans la mise en œuvre de politiques eynvironnementales.

Pour en savoir plus

Le site du GIEC: https://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml

Présentation rapide du scénario négaWatt 2017-2050

ATTAC-Artois a choisi de présenter le scénario de l’association négaWatt. Il montre qu’il est possible et réalisable de se passer des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) et nucléaires d’ici 2050.

S’il nécessite de notre part un changement de nos comportements, il implique surtout une volonté forte de réorienter les politiques publiques vers cet objectif de la transition énergétique.  Et ce dernier point est de la responsabilité du Président et des députés que nous élirons en avril, mai et juin 2017. 

    QUI EST NEGAWATT ?

Face aux défis que représentent le dérèglement climatique et le risque d’un accident nucléaire, les fondateurs de l’Association négaWatt se donnent pour objectif de montrer qu’un autre avenir énergétique est réalisable sur le plan technique et souhaitable pour la société.

Association à but non-lucratif créée en 2001, négaWatt est dirigée par un collège de membres actifs, la Compagnie des négaWatt, qui rassemble une vingtaine d’experts impliqués dans des activités professionnelles liées à l’énergie. Elle s’appuie sur un réseau de plus de 1000 adhérents.

Elle fait des propositions permettant une transition énergétique, de se passer des énergies fossiles et nucléaires et assurant une totale indépendance énergétique de la France.

Le dernier scénario fixe cet horizon à 2050.

      LE SCENARIO NEGAWATT 2017-2050.

Ce scénario est le 4ème. Il a été présenté en janvier 2017. Les précédents  datent de 2003, 2006 et 2011.

Il s’articule autour de 3 axes : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque et biomasse essentiellement).

Il se veut une réponse aux crises multiples de l’énergie et du climat. Il affirme la nécessité, la faisabilité et l’opportunité d’engager la transition énergétique.

Le 4ème scénario répond à ces 3 impératifs:

    • actualiser les données et les connaissances pour renforcer le réalisme des orientations proposées
    • interpeller les décideurs politiques et économiques
    • faciliter la mise en œuvre des actions par les collectivités, les acteurs économiques et la société civile.

Depuis le dernier scénario de 2011, notre consommation d’énergie a diminué. Cette tendance qui n’est pas que conjoncturelle, montre que l’on commence à sortir de l’ébriété énergétique qui caractérise les décennies précédentes.

Cette bonne nouvelle est insuffisante pour assurer le respect nos engagements sur le changement climatique et les objectifs de la loi de transition énergétique votée en 2015.

Il faut aller plus loin, et plus fort, nous disent les experts de NégaWatt.

Découvrez ici le résumé qu’en a fait ATTAC-Artois:

 

Le lien vers le site de négaWatt:  https://negawatt.org/